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Le projet de loi de
finances pour 2004 a été adopté en Conseil des ministres le 25
septembre 2003. Il prévoit une série de mesures concernant les
particuliers dont les principales sont présentées ci-après.
Remarque : Le projet de loi aménage et renomme le dispositif
d'épargne retraite (PEIR devenant PERP) mis en place par la loi
Fillon votée cet été, au profit duquel le PEP a été sacrifié. Compte
tenu de l'importance de ce dispositif, il fait l'objet d'un article
spécial dans notre rubrique Actualités.
1 - Poursuite de la baisse de l'IR
• Baisse de 3 % des taux du barème
Les taux du barème seraient baissés de 3 %.
Les tranches du barème de l'impôt sur le revenu seraient augmentées
de
1,7 % par rapport à celles du barème de 2002. En conséquence,
l'impôt serait calculé en appliquant à la fraction de chaque part de
revenu qui excède 4 262 € le taux de :
• 6,83 % (7,05 % en 2002) pour la tranche allant de
4 263 € à 8 382 € ;
• 19,14 % (19,74 % en 2002) pour la tranche allant de
8 383 € à 14 753 € ;
• 28,26 % (29,14 % en 2002) pour la tranche allant de
14 754 € à 23 888 €;
• 37,38 % (38,54 % en 2002) pour la tranche allant de
23 889 € à 38 868 € ;
• 42,62 % (43,94 % en 2002) pour la tranche allant de
38 869 € à 47 932 € ;
• 48,09 % (49,58 % en 2002) pour la tranche supérieure
à 47 932 €.
• Revalorisation des seuils, plafonds ou abattements
Certaines limites intervenant dans le calcul de l'impôt seraient
augmentées dans la même proportion que la première tranche du barème
progressif d'imposition.
Compte tenu de l'augmentation de 1,7 % de cette tranche par rapport
à 2002, ces limites évolueraient de la façon suivante :
• Plafond de chaque demi-part du quotient familial : 2 086
€,
• Plafond de chaque quart de part du quotient familial : 1
043 €,
• Plafonnement de la part entière de quotient familial
accordée au titre du 1er enfant à charge des personnes vivant seules
et élevant seules leurs enfants : 3 609 €,
• Plafonnement de la demi-part supplémentaire accordée aux
personnes célibataires, veuves ou divorcées sans charge de famille
et ayant élevé un enfant âgé de plus de 26 ans et imposé
distinctement : 997 €,
• Réduction d'impôt accordée au titre de la demi-part
supplémentaire accordée aux contribuables anciens combattants,
invalides ou parents d'enfants majeurs âgés de moins de 27 ans et
imposés distinctement : 590 €,
• Plafond de la décote : 393 €,
• Montant de l'abattement accordé en cas de rattachement d'un
enfant majeur, marié ou chargé de famille : 4 338 €.
2 - Aménagement de la prime pour l'emploi
• Actualisation des limites et montants
Les taux de la prime pour l'emploi seraient relevés de
4,50 %. Ils passeraient ainsi respectivement de 4,4 %, 5,5 %et
11 % à 4,6 %, 5,75 % et 11,5 %.
Les diverses limites prévues pour l'application de la prime
seraient actualisées de la façon suivante :
• Revenu de référence pour les personnes seules : 12 176 €
(11 972 € au titre de 2002),
• Revenu de référence pour les personnes mariées soumises à
imposition commune : 24 531 € (23 944 € au titre de 2002),
• Majoration du revenu de référence pour chaque demi-part
supplémentaire :
3 364 € (3 308 € au titre de 2002),
• Limite inférieure de revenu professionnel déclaré : 3
372 € (3 265 € au titre de 2002),
• Revenu professionnel déclaré permettant de bénéficier de la
prime au taux maximum : 11 239 € (10 882 € au titre de 2002),
• Revenu professionnel déclaré au-delà duquel, en principe,
le bénéfice de la prime n'est plus accordé : 15 735 € (15 235
€ au titre de 2002),
• Plafond du revenu professionnel déclaré spécifique aux
foyers mono-actifs permettant de bénéficier d'une prime égale à 80 €
: 22 478 € (21 764 € au titre de 2002),
• Plafond de revenu professionnel déclaré au-delà duquel,
pour les foyers mono-actifs, le bénéfice de la prime n'est plus
accordé : 23 968 € (23 207 € au titre de 2002),
• Majoration de la prime pour les foyers mono-actifs : 80
€ (79 € au titre de 2002),
• Majoration de la prime pour personnes à charge dans la
généralité
des cas : 33 € (32 € au titre de 2002),
• Majoration de la prime pour la première personne à charge
des contribuables qui vivent effectivement seuls : 66 € (64 €
au titre de 2002),
• Montant minimum de la prime par foyer : 25 € (25 €
au titre de 2002).
• Versement d'un acompte
Afin de diminuer le délai séparant la reprise d'une activité
professionnelle du paiement de la prime, les salariés ne
percevraient plus la prime pour l'emploi en une seule fois mais en 2
fois.
Les personnes justifiant d'une activité professionnelle d'une durée
au moins égale à 6 mois à compter du 1er octobre 2003
et qui ont été, pendant les 6 mois précédents, sans
activité professionnelle et inscrites comme demandeur d'emploi
ou titulaires de certains minima sociaux (RMI notamment)pourrait
demander le versement d'un acompte forfaitaire de 250 € sur
leur prime. Cette demande devrait être formulée dans les 2
mois suivant la période d'activité de 6 mois.
La régularisation interviendrait lors de la liquidation de l'impôt
afférent aux revenus de l'année du paiement de l'acompte.
3 - Réductions et crédits d'impôt
• Emploi d'un salarié à domicile
Le projet de loi de finances pour 2004 reprend une mesure de la loi
de finances pour 2003 : l'augmentation du plafond annuel des
dépenses ouvrant droit à la réduction d'impôt pour l'emploi d'un
salarié à domicile à 10 000 € à compter de l'imposition des
revenus perçus en 2003.
• Hébergement dans un établissement de long séjour
Le projet de loi de finances pour 2004 prévoit, à compter de
l'imposition des revenus perçus en 2003, d'étendre le champ
d'application de la réduction d'impôt à tous les établissements
engagés dans la réforme sociale, qu'ils aient déjà signé une
convention ou qu'ils soient soumis à la tarification ternaire
provisoire.
Par ailleurs, le plafond annuel des dépenses serait porté
de 2 300 € à 3 000 €.
• Extension du crédit d'impôt pour gros équipement
Le crédit d'impôt pour dépenses de gros équipement de l'habitation
principale serait étendu aux travaux d'installation d'équipements
spécialement conçus pour les personnes âgées ou handicapées
réalisés à compter du
1er janvier 2004.
Le taux du crédit d'impôt serait porté à 25 % pour ces
travaux.
• Création d'un crédit d'impôt famille
Le projet de loi propose la création d'un crédit d'impôt famille en
faveur des entreprises qui engagent des dépenses permettant à leurs
salariés ayant des enfants à charge de mieux concilier leur vie
professionnelle et leur vie familiale.
Egal à 25 % des dépenses engagées pour cet objet à compter du
1er janvier 2004, le crédit d'impôt serait plafonné à 500
000 €.
• Extension du crédit d'impôt recherche
Le crédit d'impôt recherche bénéficie actuellement aux entreprises
qui, au cours d'une année, augmentent leurs dépenses de recherche
par rapport aux deux années précédentes. Le projet de loi
augmente le plafond du crédit d'impôt et propose de nouvelles
modalités de calcul du crédit pour que les entreprises qui
maintiennent leur niveau de dépenses de recherche, sans les
augmenter, en bénéficient désormais.
4 - Suppression de l'avoir fiscal
Le projet de loi prévoit de supprimer l'avoir fiscal pour toutes les
distributions de dividendes réalisées à compter du 1er janvier 2005.
L'avoir fiscal serait remplacé par un abattement de 50 % sur
les dividendes. Cet abattement de 50 % s'appliquerait avant
l'abattement de 1 220 € ou 2 440 €.
Par ailleurs, cet abattement serait complété par un crédit
d'impôt pour l'actionnaire, égal à 50 % du montant des
revenus imposés dans la limite de 75 € pour les personnes
seules et de 150 € pour les contribuables mariés.
5 - Réforme du régime des plus-values immobilières
Le projet de loi propose de simplifier le régime d'imposition
des plus-values immobilières des particuliers pour les plus-values
réalisées à compter du
1er janvier 2004.
Les contribuables n'auraient plus de déclaration à souscrire.
L'impôt serait prélevé par le notaire qui le
reverserait, pour le compte du cédant, lors de la formalité
d'enregistrement ou de publicité foncière.
Les trois principales caractéristiques du nouveau régime seraient :
• une imposition au taux proportionnel de 16 % auquel
s'ajoutent les prélèvements sociaux au taux de 10 % ;
• une exonération des plus-values acquise au bout de
15 ans au lieu de 22 ans actuellement avec un abattement sur
la plus-value de 10 % par an au-delà de la cinquième année de
détention ;
• une simplification du mode de calcul de la plus-value
(suppression des divers abattements et remplacement par un
abattement unique de 1 000 €, prise en compte des travaux par un
abattement forfaitaire de 15 %...).
6 - Mesures diverses
• Bénéfices agricoles - Régime simplifié
Le projet de loi prévoit de relever la limite d'application du
régime simplifié pour les bénéfices agricoles de 274 400 € à 350
000 € pour les exercices clos à compter du 1er janvier 2004.
• Barème de l'usufruit
Le projet de loi propose une actualisation du barème déterminant les
valeurs respectives de l'usufruit et de la nue-propriété afin de
tenir compte de l'espérance de vie actuelle et de la réalité
économique.
La valeur de l'usufruit s'établirait (en pourcentage de la pleine
propriété) de la façon suivante en fonction de l'âge de
l'usufruitier :
• Moins de 21 ans : 90 % (au lieu de 70 %)
• Moins de 31 ans : 80 % (au lieu de 60 %)
• Moins de 41 ans : 70 % (au lieu de 50 %)
• Moins de 51 ans : 60 % (au lieu de 40 %)
• Moins de 61 ans : 50 % (au lieu de 30 %)
• Moins de 71 ans : 40 % (au lieu de 20 %)
• Moins de 81 ans : 30 % (au lieu de 10 %)
• Moins de 91 ans : 20 % (au lieu de 10 %)
• Plus de 91 ans : 10 % (au lieu de 10 %).
• Donations - Réductions de droit
Actuellement, les donations bénéficient d'une réduction des
droits de donation de :
- 50 % lorsque le donateur est âgé de moins de 65 ans
- et de 30 % lorsqu'il a 65 ans révolus et moins de 75 ans.
• Donation en pleine propriété : augmentation des
réductions de droit
Le projet de loi propose, pour les seules donations en pleine
propriété d'accorder une réduction de droits de 50 % quel que
soit l'âge du donateur.
• Donation en nue-propriété : diminution des réductions
de droit
Le projet de loi prévoit de diminuer ces réductions de droit
pour les donations portant sur la seule nue-propriété des biens. Ces
réductions passeraient à
- 35 % lorsque le donateur est âgé de moins de 65 ans ;
- 10 % lorsque le donateur a 65 ans révolus et moins de 75
ans.
• Déclaration de succession
Le projet de loi propose de relever le seuil de dispense de dépôt
d'une déclaration de succession et du paiement des droits pour les
ayants cause en ligne directe et le conjoint survivant de 1 500 € à
10 000 € (valeur de l'actif brut successoral) et de dispenser
les autres héritiers lorsque l'actif brut successoral est inférieur
à 3 000 €.
• Redevance audiovisuelle
Le projet de loi prévoit quelques aménagements de la redevance
audiovisuelle. Ces aménagements concerneraient l'assiette et les
modalités de contrôle et de recouvrement de la redevance afin de
limiter les possibilités de fraude.
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